Il y a des femmes qui grandissent avec une petite phrase installée quelque part dans leur tête : « Qu’est-ce que les autres vont penser ? » À l’adolescence, elle accompagne le choix des vêtements, des fréquentations ou des études. Puis viennent le mariage, les enfants, le travail, le corps, la façon de parler, de sortir, de se comporter… Peu à peu, sans même s’en rendre compte, certaines finissent par construire une vie qui rassure tout le monde. Tout le monde… sauf elles-mêmes.
À 29 ans, Akossiwa, commerciale, nous confie : « J’ai toujours fait ce qu’on attendait de moi. J’ai choisi les études que mes parents voulaient, puis j’ai épousé un homme qu’ils approuvaient. Aujourd’hui, j’ai tout pour être heureuse, mais je ne sais même plus ce que moi, je veux. » Cette confidence pourrait être celle de nombreuses femmes. Et elle soulève une question essentielle : à force de vouloir être celle que les autres attendent, à quel moment cesse-t-on d’être soi-même ?
Quand plaire devient une habitude
Depuis l’enfance, beaucoup de filles apprennent à être sages, gentilles, raisonnables. À ne pas faire de vagues. À éviter les conflits, à faire plaisir et, surtout, à ne pas décevoir. Alors, elles s’adaptent. Elles sourient quand elles auraient envie de pleurer. Elles disent oui alors qu’au fond d’elles, tout crie non. Elles se taisent pour préserver la paix. Elles anticipent les besoins des autres, prennent soin de chacun et deviennent parfois tellement douées pour satisfaire leur entourage qu’elles finissent par ne plus savoir ce dont elles-mêmes ont besoin. Mais dans cet apprentissage du « bien faire », qui leur apprend à s’écouter ?






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