Dans de nombreuses cultures africaines, la naissance d’un enfant ne s’arrête pas au moment de l’accouchement. Elle se prolonge à travers des gestes symboliques qui marquent son entrée dans la communauté et son lien avec la terre de ses ancêtres.
Parmi ces pratiques figure un rituel ancestral encore largement répandu : l’enterrement du placenta. Bien plus qu’un simple organe expulsé lors de la naissance, le placenta est considéré dans plusieurs traditions africaines comme un élément profondément lié à la vie de l’enfant.
Un symbole de vie et d’identité
Dans l’imaginaire traditionnel africain, le placenta n’est pas un simple résidu médical. Il doit être enterre avec respect, selon un rituel précis. Cette inhumation symbolise l’ancrage de l’enfant dans sa terre natale et dans son histoire familiale.
Pour cette raison, on ne peut pas s’en débarrasser comme d’un simple déchet biologique. Il est perçu comme le premier compagnon de l’enfant, celui qui l’a nourri et protégé pendant toute la grossesse.
Dans certaines cultures, il est même considéré comme une forme de « jumeau spirituel ». Pour d’autres, il symbolise le souffle de vie ou le lien invisible entre l’enfant et le monde des ancêtres.
Un rituel charge de sens
Dans plusieurs communautés africaines, le placenta est placé dans un pot ou un canari avant d’être enterre. Des plantes ou des herbes purificatrices peuvent y être ajoutées afin de protéger l’enfant des influences négatives.
Il arrive également que l’on plante un arbre à l’endroit où il est enterré. Les arbres fruitiers comme le manguier, le cocotier ou le citronnier sont souvent privilégiés.
L’arbre devient alors un symbole de croissance et de continuité : tout comme il grandit et porte des fruits, l’enfant est appelé à grandir et à s’épanouir.
Une pratique présente dans plusieurs cultures africaines
Ce rituel existe dans de nombreuses sociétés du continent. On le retrouve notamment chez les Mossis du Burkina Faso ou chez les Dogons du Mali. Dans ces cultures, le placenta doit être enterré peu de temps après la naissance. Cette étape fait pleinement partie des rites qui accompagnent l’arrivée d’un nouveau-né.
Si ces pratiques sont aujourd’hui moins répandues dans les sociétés occidentales, elles continuent d’être respectées dans de nombreuses familles africaines.
Le rituel au Togo
Au Togo, malgré la diversité des groupes ethniques et des traditions, l’enterrement du placenta reste une pratique bien ancrée.
Chez les Ewé, par exemple, le placenta est appelé « amé-non », ce qui signifie littéralement « la mère de l’enfant ». Cette appellation souligne l’importance symbolique que lui accordent les familles.






