On ne peut pas parler de dynamisme, de passion et de charisme, sans penser à Mme TRENOU Chantal, juriste de formation et première femme fondée de pouvoirs dans le secteur bancaire au Togo. On ne peut pas non plus évoquer ce secteur sans penser à cette dame rigoureuse, irréprochable et fiable qui a fait un parcours exceptionnel jusqu’à sa retraite, dans un domaine jusqu’alors exclusivement réservé aux hommes. Dagan Chantal a accepté de partager avec vous, nos lecteurs et lectrices, son expérience de vie, ses espoirs, ses déboires et ses déceptions. C’est une femme à la sincérité déroutante, une grande dame que nous avons rencontrée, une femme chaleureuse, une dame de cœur qui a gardé une jeunesse d’âme envers et contre tout.
Bonjour Dagan, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et lectrices ?
Je voudrais d’abord remercier la Directrice de publication de Dagan Magazine de m’honorer à travers ce 20e numéro. Je suis TRENOU Dovi Adjoa Chantal. Je suis née le 16 mars 1953 à Brazzaville au Congo, où mon père, le Docteur TRENOU Comlan Rodolphe, était affecté comme médecin à l’hôpital de Poto-Poto. Ma mère, Madame Marguerite Adjoavi THOMPSON, durant ce séjour, était Secrétaire de direction bilingue à l’OMS. Je suis divorcée, mère de deux filles (43 et 39 ans), et grand-mère de cinq petits-enfants. Juriste de formation universitaire, j’ai exercé comme cadre de direction dans les Etablissements financiers et je suis à la retraite depuis mars 2008.
Que peut-on retenir de votre enfance, de votre parcours scolaire et professionnel ?
Mon enfance a été impactée durablement par la situation de mes parents. En effet, j’avais à peine un an quand Papa a dû effectuer un stage de pédiatrie-puériculture à Paris de 1954 à 1956. Maman l’ayant suivie, j’ai été confiée à ma grand-mère paternelle à Lomé. A peine de retour, il est muté en Côte-d’Ivoire, puis à Dakar où la famille séjournera jusqu’au retour à Lomé en 1959. En réalité, je n’aurais vécu à Lomé que de l’âge de 6 à 10 ans et j’ai fréquenté l’Ecole primaire de la Marina où j’ai brillamment obtenu mon CEP (Certificat d’Études Primaires) à l’âge de 10ans.
Nous étions le prototype même de ce qu’on appellera plus tard une famille recomposée, à différencier d’une famille polygamique. En effet, mon père divorcé, avait quatre enfants de son premier mariage, ma mère était veuve avec deux jumeaux. De leur union sont nés trois enfants dont je suis l’aînée. Nous étions alors une fratrie de neuf enfants, à laquelle il fallait ajouter nos cousins germains qui ont été élevés à la maison. Ce que j’ai essentiellement retenu de cette époque, c’est l’admirable courage de ma mère qui travaillait, mais a dû élever tous ces enfants, leur inculquer une éducation sans faille.
Le coup d’Etat militaire étant intervenu en janvier 1963, alors que papa était secrétaire d’Etat à la Présidence de la République Togolaise, chargé de l’Information, de la Presse et de la Radio, il a dû partir en exil, et nous les enfants éparpillés au Bénin et au Sénégal. Je me suis donc retrouvée en pension dès l’âge de dix ans et demi à l’Institution Ste Jeanne d’Arc de Dakar. Elève brillante et sage, j’y ai été maintenue jusqu’en classe de Seconde, contrairement à mes frères et sœurs qui sont rentrés à Lomé.
Suite aux évènements de mai 1968, j’ai terminé le secondaire à l’Institution St Dominique de Dijon en France où j’ai obtenu mon Baccalauréat série A4 (Math/Latin), première de l’Académie de Bourgogne avec la mention Bien. J’y ai poursuivi mes études supérieures en Droit, (maitrise, DES et troisième cycle) de 1970 à 1978. J’ai par la suite effectué un stage à la BFCE (Banque Française pour le Commerce Extérieur) et un emploi temporaire à la CEP (Caisse d’Epargne de Paris).
Mariée, je suis revenue à Dakar où j’ai exercé de février 1980 à février 1985 comme fondée de pouvoirs à la Direction des Risques, des Études et du Contentieux de la BICIS (Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie du Sénégal) du groupe BNP (Banque Nationale de Paris). A l’issue de mon divorce, je suis rentrée à Lomé avec mes deux enfants dont j’avais obtenu la garde. C’est alors que j’ai intégré la BTCI, également du groupe BNP et là, j’ai occupé divers postes de responsabilité et de direction, jusqu’à mon admission à la retraite en 2008. J’ai été membre fondateur de l’AJBEF (Association des Juristes de Banques et Etablissements Financiers), dont j’ai présidé durant quelques années, la branche togolaise. J’ai également été, depuis Dakar, membre de l’Association Africaine des Femmes Juristes, présidée alors au Togo par feue Mme Biyémi Kéké.
La suite de cet entretien à lire dans le numéro 19 de DAGAN Magazine disponible dans les points de vente habituels depuis le 5 Juillet 2022







