A 68 ans, M’WONUDÉO Massan, plus connue sous le surnom affectueux d’«Abloto », en raison de son métier de commerçante de «Gâteau de farine de riz cuit à la vapeur», incarne la force tranquille et l’exemplarité d’une génération de femmes bâtisseuses.
Veuve, mère de neuf enfants et grand-mère de quatorze petits-enfants, elle se distingue par son infatigable dévouement et sa droiture morale. Revendeuse d’Ablo depuis plus de quatre décennies, elle n’a eu de cesse de placer ses enfants sur le chemin de la vertu, de l’effort et de la dignité.
Femme de cœur, mère courage et éducatrice silencieuse, elle enseigne, à travers l’exemple de sa vie, que la sueur du front est la plus noble des écoles. Son témoignage est un hymne à l’endurance, à la résilience et à l’amour inconditionnel d’une mère. Un modèle d’humanité silencieuse qui force le respect et l’admiration.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre activité de revendeuse d’Ablo ?
Ce que j’aime par-dessus tout dans ce métier, c’est qu’il me permet de vivre honnêtement de mes mains. Le bénéfice que j’en tire, bien que modeste, est le fruit de mon labeur, et cela me remplit de fierté.
Mais au-delà de l’aspect économique, c’est une passion enracinée depuis l’enfance qui m’anime. L’Ablo, je ne le vends pas seulement, je le façonne avec amour. C’est toute ma vie. Le métier qu’on aime n’est jamais une corvée. Je m’y consacre avec dévouement et gratitude, car il m’a tout donné.
Quelles sont les principales difficultés rencontrées au quotidien dans ce métier ?
Le métier de revendeuse d’Ablo, bien qu’enraciné dans la tradition, requiert une grande rigueur et un profond sens du sacrifice. La préparation de l’Ablo est un processus exigeant, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Il faut savoir doser, patienter, répéter les mêmes gestes avec constance. Cela demande une implication totale, parfois au détriment du repos ou du confort personnel.
Il s’agit d’un labeur silencieux que peu mesurent à sa juste valeur. « Ce n’est pas la grandeur de la tâche qui fatigue, mais le manque de passion », dit-on. Or, dans ce métier, sans amour du travail bien fait, on ne tient pas. Il faut également composer avec les aléas du climat, le coût des matières premières, ou encore la fatigue liée à l’absence d’aide constante.
A quoi ressemble une journée typique dans votre activité ?
Mes journées commencent très tôt, dès 5h30. Je m’active d’abord à allumer le feu, à préparer les ingrédients, puis à lancer la cuisson de l’Ablo avec une attention méticuleuse. Ensuite, je procède à l’emballage et à la disposition des produits pour la vente.
La journée s’enchaîne entre la vente, les interactions avec la clientèle, les courses pour le lendemain et parfois même la préparation d’une nouvelle tournée. Ce n’est souvent qu’aux environs de minuit que je trouve enfin le chemin du repos. Le succès sourit à ceux qui se lèvent tôt. Ma vie est ainsi rythmée par l’effort, mais aussi par la dignité que procure le travail accompli. Le courage forge les plus belles réussites.
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